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Un exemple de certification d’agrocarburants

6 mars 2009 :

Des revendications aux réactions...

L’Europe s’est d’abord intéressée aux agrocarburants pour diverses raisons : diversifier les débouchés agricoles communautaires, atteindre des objectifs de réductions d’émissions de GES et enfin pour se détacher progressivement de la dépendance au pétrole. Différents lobbys et jeux d’intérêts ont alimenté la polémique du "pour ou contre". De fait, les parlementaires européens se sont impliqués dans un débat qui constitue aujourd’hui un catalyseur important au niveau mondial de l’intensification de la demande de qualité sociale et environnementale dans le cadre de la production d’agrocarburants. L’Europe va établir des critères sur les conditions de production des agrocarburants importés. Notons que des intérêts économiques existent derrière ces critères environnementaux. Mais, le fait est qu’ils ont pour résultat de faire évoluer les choses. Les cibles économiques principales pour l’Europe sont les pays producteurs d’Asie du sud-est. Cette région constitue une partie importante de la production mondiale de biodiesel à partir d’huile de palme. C’est un fournisseur européen majeur bien que, jusqu’à maintenant, la production se fasse au dépend de milliers d’hectares de forêts tropicales. Pour les pays concernés, ces critères représentent l’obligation d’un changement rapide et efficace vers une production plus « durable ». L’autre cible est le Brésil. Avec son expérience inégalée concernant les traitements industriels de la canne à sucre, il porte les agrocarburants (et l’éthanol principalement) comme un des arguments forts de sa politique internationale, pour l’établissement d’un nouvel ordre mondial. Aussi, le « pays continent » semble-t-il avoir entendu les critiques scandées par l’opinion publique européenne depuis 2 ans sur les risques des agrocarburants et tenterait de les prendre en compte en vue du développement du marché.

Réaction politique du Brésil

Tout d’abord, l’EMBRAPA (Empresa Brasileira de Pesquisa Agropecuaria) et le ministère fédéral de l’environnement viennent de faire connaître les résultats d’une étude sur l’affectation des sols au niveau national.

 

EMBRAPA : Empresa Brasileira de Pesquisa Agropecuária

Selon l’étude, 70% du territoire brésilien devraient être réservés aux terres indigènes, aux unités de conservation (UC), aux Zones de Protection Permanente (APP : Area de Proteção Permanente) et aux réserves naturelles. Seuls les 2,8 millions km² restants devraient accueillir les activités agricoles et minières, les infrastructures et les zones urbaines. Or l’étude souligne les différences avec la réalité. A elles seules, les activités agricoles et d’élevages correspondent à une proportion supérieure à 2,8 millions d’hectares. En outre, nombre des productions - dont certaines comme le café largement destiné à l’export - sont cultivées de manières non conformes au regard de ces législations territoriales (UC, APP...). Malgré les inquiétudes légitimes de tels résultats, cette étude est un bon point de départ pour travailler à l’amélioration de la situation, et prouve la bonne volonté de ce pays aux problématiques proportionnelles à sa taille.

Réaction du secteur privé

De plus, outre les réglementations politiques imposées au niveau national, des certifications privées prennent petit à petit de l’importance. L’OIA (http://www.oiabrasil.com.br/oia.htm) vient d’établir un protocole de certification pour les produits de la canne à sucre, dont l’éthanol. Cet outil conçu pour servir les petits et moyens producteurs regroupés en coopératives certifie le respect de bonnes pratiques agricoles (BPA) dans les productions concernées. Création de valeur ajoutée par différenciation du produit sur le marché, meilleur répartition des bénéfices le long de la chaîne de production et respect des normes environnementales sont autant de critères dont la certification devra garantir le respect. Un système de gestion de la qualité inclue dans le protocole de mise en place de la certification lui permettra d’évoluer en parallèle des marchés les plus exigeants.

Une association (ASSOBARI) de producteurs de l’Etat de São Paulo s’est investie dans cette démarche innovante en appréhendant les impositions de critères à venir au niveau international. L’initiative est à mettre en avant et doit être observée. Récente, innovante, elle se positionne sur un marché encore instable au niveau international. Toutes ces raisons laissent imaginer encore un peu de fragilité. A suivre donc...

 

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